L’appellation d’origine protégée sur la viande de « taureau de Camargue » concerne deux races bovines bien distinctes.

RACE AUTOCHTONE CAMARGUE APPELÉE « RAÇO DI BIÒU »

On dénombre 64 manades en AOP sur les 136 existantes.

Origine

Biòu signifie bœuf en provençal et caractérise le taureau Camargue castré utilisé en course camarguaise. Le taureau de Camargue est originaire du delta du Rhône.
La présence de bovins en Camargue a été relevée depuis la plus haute antiquité.
On a retrouvé à 2 km en amont d’Arles des ossements de bovins aux cornes en forme de lyre, mêlés à des squelettes de chevaux semblables à ceux de Soluté.
Ces ossements ont permis de reconstituer un animal atteignant presque 2 mètres de haut et portant des cornes identiques à celles des taureaux d’aujourd’hui. Il existait donc déjà à cette époque un taureau aux cornes en forme de lyre dans les marais de Camargue.

Comme pour le cheval, l’origine du taureau n’est pas près d’être élucidée car les avis sont très divergents.
Comme il existe une ressemblance assez nette entre les bovins qui peuplent l’Asie et l’Europe Méridionale, certains pensent que le taureau Camargue est la dernière ramification à l’ouest de la grande race bovine asiatique « Bos Taurus Asiaticus ».
Pour d’autres, le Camargue est un auroch ayant vécu au quaternaire principalement en Afrique mais aussi en Espagne et probablement en France. Ils le nomment « BOS PRIMIGENIUS MAURITANIEN ».
Il est probable que des liens existent entre « BOS PRIMIGENIUS MAURITANIEN » et « BOS TAURUS ASIATICUS ». L’un pouvant fort bien descendre de l’autre ou tous deux avoir un ancêtre commun.
Mélange de races, certes, mais les « Camargue » présentent une grande spécificité et il est raisonnable de penser que l’action du sol, du milieu et des conditions de vie n’y est pas totalement étrangère.

Caractéristiques zootechniques

Le taureau Camargue est un animal de robe foncée, généralement noire, quelquefois brun foncé. Sa taille dépasse rarement 1,30 m pour les mâles et 1,20 m pour les femelles.
Son poids, variant suivant son mode de nourriture, est compris entre 300 et 450 kg pour les mâles et 200 à 270 kg pour les femelles.

La tête du « Camargue » est frappante de similitude avec celle des taureaux de race asiatique : Elle est forte avec un front étroit et déprimé.
Les yeux gros, vifs et saillants ne sont pas recouverts de sourcils épais comme chez le taureau espagnol.
Les cornes assez longues sont fines et noirâtres en bout, blanc crème dans la partie intermédiaire, gris foncé et fortes à la base.
La fameuse corne en lyre, que l’on dit de type originel, se rencontre sur tous les sujets et plus fréquemment, chez les femelles. Il existe plusieurs sortes de cornage, dont les plus fréquentes sont :
Lyre – Gobelet (le plus courant) – Larguet.

Après la tête et le cornage, la morphologie générale du taureau présente les caractéristiques suivantes :

  • Une encolure mince et allongée. Le garrot tranchant est plus élevé que la croupe.
  • Le renflement en avant du garrot est beaucoup moins important que chez le taureau de race ibérique.
  • La ligne du dos est généralement assez plate.
  • Les hanches sont serrées et saillantes.
  • La musculature de l’arrière train étant peu développée, la croupe est courte et pointue.
  • La cuisse longue est suivie par des jarrets généralement d’aplomb.
  • La queue, à crin long et abondant, est mince et attachée très bas.
  • Le corps long, les membres fins, la souplesse du rein, la nervosité prédisposent le Camargue au jeu et à la course plutôt qu’au travail et à la production de viande.

Les vaches de la « raço di Biòu » produisent peu de lait, qui sert uniquement à nourrir leur veau. Ces animaux sont quasi sauvages, il n’est donc pas question de les traire et il est nécessaire de les manipuler, à cheval, avec précaution, selon un savoir-faire traditionnel.

Le livre généalogique de “la raço di Biòu” a été agréé en 1999. Cette race est reconnue « race menacée » du fait du faible nombre de reproducteurs.

Recensement – Aire géographique

Environ 18 000 à 22 000 animaux répartis sur plus de 150 manades dont au moins la moitié ont un effectif de plus de 100 têtes.

L’aire d’élevage est une zone comprise entre le littoral, Montpellier, Tarascon et Fos/Mer. Une zone de transhumance l’hiver s’étend plus au nord, dans les garrigues situées sur les Alpilles et les premiers contreforts des Cévennes.

But de l’élevage

Les taureaux de race di Biòu sont destinés à la course camarguaise.

La course camarguaise est issue d’un spectacle ancestral : les valets et les animaux de la ferme se mêlent pour combattre et jouer avec le taureau destiné à l’abattoir. Aujourd’hui la course camarguaise est règlementée, et se pratique de mars à novembre dans toutes les arènes des villes et villages du Sud-Est de la France. Le taureau doit défendre, lors de ses quarts d’heure de course, les attributs placés à la base de ses cornes. Les raseteurs, munis d’un crochet, petit peigne en fer, doivent alors tenter d’attraper les attributs qui sont primés. Plus le taureau est reconnu, plus le risque pour les raseteurs est important, et les primes élevées. La sélection des taureaux, appelés alors cocardiers, se fait sur leur ardeur à défendre leurs attributs. Le taureau est destiné à avoir une longue carrière dans l’arène (pour en savoir plus : www.ffcc.info).

RACE BRAVE

On dénombre 15 élevages en AOP sur les 46 ganaderias françaises.
L’appellation ne va concerner que les animaux non sélectionnés pour les spectacles, soit près de 90% du cheptel.

Historique et origine

La première introduction de reproducteurs espagnols résulte d’une initiative de Joseph YONNET au domaine de Faraman, en 1869 (Chiffré, 1930). Après lui, un certain nombre d’éleveurs, surtout en Crau, se sont efforcés de reconvertir leur élevage à la race Brave, utilisant des taureaux espagnols introduits en France pour des corridas et non mis à mort, ou des reproducteurs portugais.

Caractéristiques zootechniques

Le pelage est généralement noir ou brun, mais peut présenter une diversité de couleurs, parfois zébré ou tacheté.

Sa taille est de 140 cm pour les mâles, et 120 cm pour les femelles. Son poids vrai de 400 à 650 kg pour les mâles, et de 200 à 400 kg pour les femelles.

Le livre généalogique de la race de Combat a été agréé en 1996.

Recensement – aire géographique

On estime actuellement la population de taureaux de race de Combat à environ 7 000 têtes de bétail répartie sur 46 élevages (ganaderias).

Ces ganaderias sont réparties entre Sud-Est et Sud-Ouest de la France, avec une concentration plus marquée en territoire camarguais.

But de l’élevage

Le but essentiel de cet élevage est la production d’animaux destinés aux spectacles taurins tels que la corrida espagnole (à pieds) et la corrida portugaise (à cheval) et à d’autres nombreuses festivités liées à la tauromachie d’origine ibérique.